Les larmes de crocodiles

Les larmes de crocodiles

Aquarelle, 21 x 29,7 cm, 2015

Cette légende se passe au temps des Egyptiens, lorsque les crocodiles vivaient encore sous la terre. Un beau jour ils décident de remonter à la surface, lassés des vers, des cailloux, du froid et de l’obscurité. Mais c’est compter sans les humains, peu enchantés de voir de gros lézards sortir du sol. Ils les renvoient d’où ils sont venus, au fond de leur trou, du haut duquel un garde les surveille. De déception, un des enfants crocodiles se met à pleurer. Les adultes l’imitent. Comme hypnotisé par leurs jérémiades, le garde les aide à s’échapper. Hélas les autres hommes du village accourent et les refoulent une nouvelle fois, en prenant soin cette fois d’équiper le garde de bouchons d’oreilles. Or de ce détail, les crocodiles ne savent rien : ils pleurent à nouveau, dans l’espoir de l’apitoyer. Mais le garde reste sourd. Alors ils continuent à pleurer, pleurer à chaudes larmes… À tel point que ces larmes les portent à la surface ! Depuis, les hommes et les crocodiles vivent chacun sur leur territoire : les uns sur la terre, les autres dans leur berceau de larmes, le fleuve du Nil.

Comment donner sens à l’expression « pleurer des larmes de crocodile » aux yeux d’un enfant ? Il s’agit du premier projet m’ayant confrontée au public jeunesse : je l’ai présenté à des classe de 5 à 8 ans et le résultat fut très encourageant. C’est également un projet lié à mes croyances d’enfant : à l’école, pour que nous arrêtions de creuser dans les bacs à sables pleins de crottes de chats, mon institutrice nous faisait croire que des crocodiles y vivaient. Plus personne ne voulait y aller, sauf moi : c’était mon animal préféré… à force de creuser je finirais bien par en trouver un. Hélas je ne suis jamais tombée que sur des crottes de chats.