Le dessin me permet de conserver ce qui m’attire et d’approcher ce qui m’échappe. Ma manière d’observer le monde est attentive aux détails, aux singularités et aux formes qui se dérobent aux catégories habituelles. J’y explore les contrastes et les états de transformation : du trait net en noir et blanc vers les nuances de couleur, du détail au flou, où apparaissent des formes plus incertaines. Je privilégie les médiums traditionnels pour ce qu’ils invitent à développer : sensorialité, lenteur et attention.
La figure du monstre traverse mes images comme une forme d’émancipation : elle ouvre des possibles, autorise les mutations et déplace les normes. Le monde animal est également une grande source d’inspiration, comme réservoir de formes, de comportements et d’inventivité.
Artiste neurodivergente, le dessin a été mon premier lien à moi-même et aux autres. Il prolonge aujourd’hui cet engagement dans ma pratique de l’art-thérapie, où je conçois des espaces de création permettant à chacun d’explorer ses imaginaires, ses émotions et ses modes d’expression singuliers, dans un cadre adapté à ses besoins.