Amour genre
Amour genre
Dotwork (rotring), 30 x 30 cm, 2017
Cette série d’illustrations, réalisée en dotwork (technique point par point issue du tatouage), interroge les normes qui structurent les pratiques amoureuses et sexuelles hétérosexuelles.
À travers le prisme du monde animal, et cinq comportements parmi d’autres, elle met en lumière la diversité des formes de relations existant dans le vivant. Loin des modèles restrictifs souvent véhiculés par les sociétés humaines, la nature déploie une pluralité de dynamiques, de rôles et de comportements.
En creux, ces images questionnent la construction de la masculinité, encore largement fondée sur des normes rigides – domination, contrôle, retenue émotionnelle – dont on connaît les effets : violences, injonctions et empêchements.
Ce travail propose d’ouvrir d’autres imaginaires et de déplacer les normes dominantes, en s’inspirant du vivant pour réinventer nos manières d’aimer et d’entrer en relation
- Hyène tachetée — domination
Chez la hyène tachetée, les rôles de domination sont inversés : les femelles dirigent le groupe, y compris face aux mâles les plus puissants. Plus grandes et plus agressives, elles ont un accès prioritaire à la nourriture et possèdent même un organe génital hypertrophié rappelant un phallus. Une organisation sociale qui vient bousculer les modèles patriarcaux dominants.
- Baudroie abyssale — dépendance
Chez la baudroie abyssale, le mâle incarne une forme extrême de dépendance. Attiré par la femelle, il s’y accroche jusqu’à fusionner avec elle. Son corps se réduit progressivement, jusqu’à devenir un simple organe reproducteur. Une relation radicale, bien loin des modèles d’indépendance traditionnellement associés au masculin.
- Mante religieuse — appétit sexuel
Chez la mante religieuse, l’accouplement peut se transformer en sacrifice : la femelle dévore le mâle pendant ou après l’acte. Un comportement qui renverse les attentes liées à la performance et à la domination sexuelle, et interroge les rapports entre désir, pouvoir et survie.
- Hippocampe — parentalité
Chez l’hippocampe, la reproduction repose sur une inversion des rôles : la femelle dépose ses œufs dans la poche du mâle, qui les porte jusqu’à leur éclosion. Une forme de parentalité partagée qui remet en question l’idée d’une maternité exclusivement féminine.
- Serpent jarretière — polyamour
Chez le serpent jarretière, la femelle orchestre de vastes rassemblements reproductifs appelés « boules nuptiales ». Entourée de dizaines de mâles attirés par ses phéromones, elle choisit ses partenaires dans une dynamique de sélection et de multiplicité. Un modèle qui interroge les normes genrées associées au désir et à la liberté sexuelle.




